L’ogresse

Nous serons serrés ce soir dans la cave de l’ogresse, rue des prairies qui sont loin mais des musiciens habitent sous les jupes de la dame en question, autrement dit dans ses sous-sols aux murs de briques où par rangées les tuyaux vers l’égout naviguent. Les musiciens sont des mangeurs de mots, de hanches, de tendons. Gorge, saxophone, contrebasse. En contrebandiers ils descendent de la salle à manger, de son estrade bar bricolée, et nous entraînent avec eux encagoulés de sourires à pleine joue. Ici on ferme bien la porte pour éviter que le vent éteigne le feu qui donne une odeur de bois aux vêtements, ça change des pots d’échappements. Beaucoup de verres seront vidés ce soir, de bière, de vin, de grenadine tout aussi bien, j’en connais que tous les sucres saoulent…Jusqu’à ce qu’enfin, sur un air de tcha tcha tcha dans le dernier verre d’eau, se mette à danser, par grappes, et par bouquet, les fleurs sauvages des sous-sols, grisettes à talon, pâquerettes des talus. Grands arthropodes en coton flanelle.

Image : Entremêlés

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